Dernier suspect des échecs passés de la voiture électrique : Les pouvoirs publics

Les autres acteurs suspectés des échecs de la voiture electrique :

  1. Les consommateurs,
  2. Les compagnies pétrolières,
  3. Les performances limités de la batterie,
  4. Les constructeurs automobiles,
  5. Les pouvoirs publics,

I – Le rôle de l’état pour l’automobile électrique

La mise sur le marché de voitures électriques est un changement important pour les différents acteurs que nous avons précédemment cités : les consommateurs, la construction automobile et l’industrie pétrolière, qui opposent une importante résistance au changement. Le rôle des pouvoirs publics est d’appréhender les causes de ces résistances à la voiture électrique et de mettre en place les outils pour lever les barrières à l’émergence d’un marché du véhicule électrique.

La réalisation de cette politique pour la promotion de la voiture electrique implique d’abord la fixation d’objectifs pertinents et réalisables, l’anticipation des problèmes qui s’opposeront à leur réussite, ainsi qu’une continuité dans le temps de ces objectifs. De ce point de vue, les pouvoirs publics n’ont pas permis l’émergence de la voiture électrique.

Les décisions de lancement de programmes de véhicules électriques ont généralement été des choix politiques dépourvus de pertinence économique. Par exemple, l’obligation faite aux constructeurs automobiles de commercialiser 5% de voitures électriques en Californie en 1990 excluait toute rationalité du marché : Y aura-t-il 5% des consommateurs qui achèteront des voitures électriques? Les vendeurs seront-ils capables de vendre ces véhicules électriques? Au final, cette loi pleine de bonne volonté a du être retirée devant les levées de bouclier lobbyistes et l’apparente impossibilité des industriels à s’y adapter.

Les décisions politiques ont la puissance d’influer rapidement sur le cours des choses, encore doivent-t’elles durer dans le temps et résister aux alternances politiques. Le choix de la Californie de développer la voiture électrique en 1991 a ainsi été attaqué par l’administration Bush en 2000, sous l’influence des lobbys automobiles et pétroliers.

 

 

II – Des objectifs clairs et pérennes et des mesures fiscales et réglementaires

Pour un changement aussi profond de paradigme, l’intervention de l’état est indispensable : il doit dessiner les contours d’un nouveau marché pour la voiture électrique en influant sur ses règles de base de l’offre et de la demande. Les pouvoirs publics doivent sculpter de nouvelles règles d’échanges avec leurs outils que sont la réglementation et la taxation ou les incitations fiscales.

 

 

Dans un premier temps, l’état doit prendre des mesures fiscales pour permettre la diffusion de ces innovations « pré-compétitives » (la voiture électrique dans notre cas). L’idée est de permettre l’apparition d’un marché de niche, certes aidé, mais qui préfigure le développement d’une innovation fortement technologique à grande échelle. Ces prémices de la diffusion d’une innovation fortement technologique, comme la voiture électrique, permettent d’améliorer en substance le produit avec un retour rationnel du marché, et d’industrialiser les processus de fabrication pour diminuer les coûts. L’état doit également donner des garanties sur sa volonté à faire naître un changement de paradigme en précisant un plan de long terme et intangible, afin que les entreprises puissent engager leurs mutations. Enfin, les pouvoirs publics doivent acter le changement de paradigme par une réglementation définitive.

Par exemple, pour créer la filière de l’énergie photovoltaïque en France, l’état a défini  des règles du jeu artificielles pour créer un marché, à savoir un tarif de rachat de l’électricité produite de façon écologique supérieur au prix de marché. Il a également donné de la visibilité à ces mesures pour offrir des garanties aux acteurs du secteur : les tarifs de rachat sont garantis 20 ans pour chaque projet et la mesure est valable jusqu’en 2012, avec ensuite une décroissance jusqu’en 2017. A cette date, le secteur du photovoltaïque sera à même de fonctionner avec les mêmes règles que les énergies concurrentes. Ainsi, un contexte pérenne est défini et les entreprises s’engagent dans un changement durable.

Pour la voiture électrique, les mesures prises pour créer un marché ont été dans le passé trop faibles, mal coordonnées et peu pérennes. Les pouvoirs publics se sont donc rendus coupables de ne pas créer les conditions de marché nécessaires au développement du véhicule électrique et de ne pas avoir su résister au lobbying des industriels. Espérons que le choses changeront dans le futur.

 

Plan de relance de Barack Obama pour le véhicule électrique