Selon l’ONG Transport et Environnement, les niveaux d’émissions de pollution NEDC affichés par les voitures thermiques présenteraient tous des écarts de 10% à 40% par rapport à la réalité. Sans émissions, la voiture électrique serait donc le seul véhicule à afficher un niveau de pollution fidèle à la réalité. Explications…

tests antipollution : tous bidons sauf la voiture électriques ?

Les dernières technologies efficaces lors des contrôles antipollution mais moins dans l’usage réel

L’ONG Transport et Environnement teste depuis 2001 les émissions de pollution réelles des véhicules commercialisés et les compare aux données officielles mesurées lors des contrôles antipollution réalisés par les organismes certificateurs pour les constructeurs automobiles. Si en 2001 l’association notait déjà des écarts de 10% entre la théorie et la réalité, la différence atteindrait 40% en 2014. Il faudrait donc comprendre que les efforts des constructeurs automobiles ont été utiles pour passer les contrôles antipollution mais n’ont pas servis à grand-chose en réalité.

 

La méthodologie NEDC des tests antipollution des voitures en cause

La méthodologie des tests est en cause. La procédure NEDC (New European Driving Cycle) a été mise en place en 1973 : les voitures passent les essais anti-pollution avec des moteurs sur-lubrifiés, des pneus sur-gonflés, roulent à vitesse constante à bas régime, etc. Rien à voir avec les conditions d’utilisation réelles. Alors que la méthodologie NEDC doit être remplacée en 2017 par la méthodologie WLTC (Worldwide harmonized Light vehicles Test Procedures), la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne feraient pression pour que le WLTC reprennent certaines failles de la méthodologie NEDC. Il en résulterait au minimum des écarts de pollution de 14% avec l’usage réel des voitures. En dénonçant le scandale Volkswagen, les gouvernements font donc preuve d’une certaine hypocrisie.

 

 

Des niveaux de pollution de plus en plus biaisés

L’écart entre pollution officielle et pollution réelle des voitures thermiques serait de plus en plus grand : nous sommes passés de 31% en 2012 à 40% en 2014. La technologie déployée par les constructeurs automobiles pour réduire la pollution jouerait à deux tiers sur les limites méthodologiques du contrôle anti-pollution et seulement à un tiers sur les niveaux de pollution réels. L’innovation technologique ne sert ainsi presque plus qu’à passer les tests antipollution.

Ecart de pollution des voitures entre les test NEDC et la réalité

Des chiffres antipollution bidons jusqu’à 50% sur des voitures Mercedes

Parmi les bons élèves des niveaux de pollution, nous retrouvons la Renault Twingo, pour laquelle l’écart n’est que de 10%. Les voitures Toyota et Fiat ont aussi des niveaux de pollution théoriques les plus proche de la réalité. En revanches, les dernières voitures BMW et Mercedes afficheraient les niveaux de pollution les plus bidons. En particulier, les Mercedes Classe A, C et E seraient les voitures au niveau de pollution les plus erronés avec des écarts de 50%. Y aura t’il une suite au scandale Volkswagen avec l’approximation croissante des protocoles des tests antipollution ?

 

Les voitures électriques hybrides rechargeables également pointées du doigt

L’ONG dénonce également les niveaux théoriques de pollution des voitures électriques hybrides rechargeables, qui peuvent rouler quelques kilomètres en mode 100% électriques mais fonctionnent ensuite comme des voitures hybrides pas très efficaces. Le calcul théorique NEDC de la pollution des véhicules électriques hybrides plug-in ferait la part trop belle au fonctionnement 100% électrique, avec des résultats bien loin de l’usage réel.

 

La voiture électrique seul véhicule au niveau de pollution juste

Sans pot d’échappement, la voiture électrique à naturellement un écart nul avec la théorie : 0 gCO2/km. En prenant en compte les émissions liées à la production de l’électricité, il est parfois mis en avant que l’écologie de la voiture électrique est relative. En France, le kilowattheure d’énergie électrique finale contiendrait 90g CO2, ce qui amènerait une voiture électrique moyenne à émettre 11 g CO2/km environ. Cela pondère à la marge le bénéfice de la voiture électrique par rapport à la voiture thermique. Mais si les niveaux de pollution des voitures thermiques sont bidons jusqu’à 50% et que les derniers développements technologiques ne sont efficaces que lors de tests théoriques obsolètes, alors il n’y a plus l’ombre d’un doute photo : la voiture électrique est plus écologique que la voiture thermique, même dans des pays où la production d’électricité est moins propre qu’en France (la production électrique européenne en g CO2/km pour la voiture électrique). N’oublions pas de mentionner que la voiture électrique consomme des kilowattheures plus propre car elle se recharge principalement la nuit, en heures creuses, et que la pollution que l’usage du véhicule electrique induit à lieu loin des centres-ville et peut être plus facilement traité.

La production d’électricité renouvelable ou centralisée reste plus propre que les milliers de moteurs thermiques diffusés au cœur de nos villes ! Le scandale Volkswagen et la non-pertinence en valeur absolue des niveaux de pollution annoncés des voitures essence et diesel devrait remettre sur le devant de la scène la voiture électrique et les technologies d’automobiles propres.

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